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Période romaine :

L’empereur César fonde en – 45 Forum Julli (Fréjus), il sera assassiné un an après. En l’an – 31, l’empereur Octave (devenu par la suite Auguste) fait agrandir le petit port de Fréjus pour y amarrer ses navires et ceux pris aux vaincus après la victoire d’Actium sur Antoine et Cléopâtre. Le climat de Fréjus étant malsain du fait des marécages, certains de ses habitants s’enfuirent sur les collines, d’où l’installation de Villa-Rustica (fermes) à Bagnols dans la plaine fertile et saine. Cette occupation dura jusqu’au Vème / VIème siècle.


Période moyenâgeuse :


Pendant 400 ans, soit, jusqu’au Xème siècle, aucune archive n’a été trouvée. A partir du XIème siècle, on trouve dans les textes (capulaires de Lérins et de St Victor de Marseille) l’existence du Castrum de Bagnols (situé à Bayonne). On peut supposer que jusqu’à cette date les habitants vivaient dans la plaine et se réfugiaient en cas de besoin sur le « Castrum de Bagnols ». En 1392, les troupes de Raymond de Turenne ainsi que les bandes de pillards rasent des villages entourant Fayence, dont Bagnols. Plus un habitant, plus une maison, aucune vie pendant 80 ans.

La vie à Bagnols depuis 1477 :


Il faut attendre 1477 pour qu’Urbain de Fiesque, Evêque de Fréjus fasse repeupler Bagnols par une trentaine de familles venant de Pieve di Teco en Ligurie (près d’Impéria) conduite par le Maire d’Améro.


Les bases historiques d’un jumelage


La date la plus ancienne qui mentionne le village est 909, dans une charte du Cartulaire de l’Abbaye de Cluny. En 1042 une charte de l’Abbaye de Lerins le cite comme « CASTRUM DE BANHOLIS » lequel est détruit en 1392 par des bandes de pillards. Une longue nuit de 85 ans recouvre le pays. C’est alors qu’Urbano de Flisco (famille italienne des Fieschi) est nommé Evêque de Fréjus par le Pape Sixte IV et constate que son terroir se trouve dans le plus complet abandon. Il fait venir 30 familles de Pieve Di Teco, diocèse de Albenga, dirigées par Louis Amero. L’acte juridique « Acte d’habitation » date du 9 mars 1477 et se trouve dans le Cartulaire de la Cathédrale de Fréjus. Dans cet acte, Louis Amero prête serment de fidélité à l’Evêque au nom de tous les présents mais aussi pour ceux de sa descendance en ligne directe masculine par le fils premier né. Louis Amero partagera les terres selon son choix et proportionnellement avec les autres habitants. La communauté commence à construire des moulins, des scieries, des fours à pain. On fait venir un prêtre et l’Evêque aide les habitants à s’installer. Ainsi renaît le village de Bagnols en Forêt. L’Eglise paroissiale est Saint-Domnin, dans la plaine, seul édifice religieux à cette époque et remontant au VIIIème siècle, bâtie sur un domaine gallo-romain des Ier et IVème siècles. Pendant la construction du nouveau village, les colons occupent les grandes bastides abandonnées. Le jour où la nouvelle église, Saint Sébastien, est achevée (sur l’emplacement de la mairie actuelle ), une grande fête populaire est organisée pour transférer les objets du Culte. L’église primitive sera alors repeinte de fresques qui montrent une procession partant de la plaine pour arriver au nouveau village. On a cru très longtemps que le village représenté à droite de cette scène était Pieve di Téco mais, on s’interroge toujours sur ce village qui pourrait être africain, pays d’origine de St Domnin . Les fresques sont de l’époque italienne du XVème siècle. Nous sommes alors dans les années 1480. Le village va ainsi vivre au rythme de l’histoire avec ses joies et ses souffrances. Le premier registre paroissial d’Etat civil date de 1563 et porte des noms à consonnance italienne: Abbo, Gandolfo, Mero, Caterini, Pacani, Cauvi…mais aussi d’autres personnes venues se joindre à eux: Laugier, Beuf, Magail, Escoffier, Meiffret…dont les descendants se trouvent aujourd’hui au village. Telle est l’histoire de la fondation de Bagnols en Forêt par Pieve Di Teco. Les deux villages sont jumelés depuis 1990.


La chapelle St Domnin


(Aujourd’hui St Denis) fut également construite sur des ruines de ferme romaine. Elle était l’Eglise paroissiale et possède des fresques de 1785 à 1790. Le  » village ancien  » de Bagnols se trouvait donc dans la plaine, formé seulement par ces fermes disséminées. Pour se protéger, elles se regroupent en construisant en 1480/1490, le village à son emplacement actuel. Ces familles cultivent dans la plaine et sur des restanques des céréales, des oliviers, de la vigne. En collines, ces nouveaux venus édifient des berges (restanques en provençal), ce qui leur procure un peu de terre cultivable, l’ayant libérée de leurs pierres. Tous les métiers de l’artisanat étaient représentés. Quelques industries modernes subsistaient encore au 19ème siècle : bouchonneries (grâce aux chênes liège) , moulins à huile, moulins à farine. Depuis le 17ème siècle, il y avait une verrerie qui a cessé son exploitation lors de la guerre de 1870 (voir tableau de la production des années au Musée). Autre activité : La reprise de l’extraction de meules dans la rhyolite amarante des collines : Meules domestiques pour moulins à huile et à blé. L’exploitation avait commencé aux premiers siècles pour cesser (cause inconnue) au 18ème siècle. Bien entendu, comme dans toutes les campagnes, chaque famille vivant en autarcie avait son élevage plus ou moins important (moutons, chèvres, volailles, ânes ou chevaux). Par la suite, l’élevage du ver à soie se développa pour se terminer au siècle dernier (1950). Seuls subsiste de cette époque le long des chemins de très nombreux mûriers (seule nourriture des vers à soie). La population était passée en 250 ans de 33 familles en 1477 à 256 familles pour 956 habitants en 1700. Il y eut ensuite une très forte chute de population puisqu’en 1936 le village ne comportait plus que 560 habitants pour atteindre 693 habitants en 1977. Le dernier recensement fait état de 1986 habitants. René NESSE P.S : La description des 3 premières périodes a été extraite du livre de M. DESIRAT sur Bagnols, que l’on peut consulter à l’Office de Tourisme.